« Ce matin-là, j’ai trouvé la porte du cabinet ouverte, se souvient Claude Schilli, infirmier libéral à Sérémange (Moselle). Dans un premier temps, j’ai pensé à un oubli…

C’est plus tard dans la matinée, que mes voisins m’ont prévenu. Ils habitent au-dessus du cabinet et la veille au soir, ils avaient entendu du bruit et vu deux personnes cagoulées s’enfuir. Que cherchaient-ils ? », s’étonne Claude, surpris qu’ils n’aient rien dérobé, ni l’ordinateur, ni les imprimantes, ni les médicaments stockés. L’infirmier avance une explication : « Peut-être des masques, c’est une denrée précieuse en ce moment ! »

Cet incident, Claude n’en fait pas une montagne. Il a déposé plainte pour la forme. Ce qui le préoccupe, c’est la santé de la trentaine de patients qu’il visite chaque matin. Pour l’heure, aucun d’entre eux n’a contracté le covid-19 mais il sait qu’à Metz et Thionville, toutes proches, la situation est tendue.

Pas eu… pas pris !

Depuis quelques jours, Claude Schilli a rejoint Santé Fensch Covid-19, réseau initié par un cabinet infirmier de Sérémange et qui mobilise déjà une centaine de personnes, personnels de santé mais aussi élus et entreprises. Ses finalités : réunir des moyens et optimiser la prise en charge des patients infectés.

Infirmier à Sérémange, Claude Schilli exerce en libéral depuis 2013, après plusieurs années au bloc opératoire de l’Hôpital d’Hayange.

Claude en convient : « Cette initiative locale tombe à pic, car côté équipement, on gère la pénurie. Hier, la pharmacie m’a délivré 20 masques FFP2 en me disant qu’ils venaient du Crédit Mutuel. À vrai dire, les masques commandés par l’État, on ne risque pas de me les voler, je n’en ai pas encore eu ! »