Infirmière libérale à Reims, Céline Martin n’a pas de mal à se souvenir du premier jour de confinement : « La veille, j’avais fait ma tournée avec un masque : une mesure qu’avec mes collègues du cabinet, on avait décidé d’appliquer pour nos patients et pour nous-mêmes. .

En ce mardi 17 mars, Céline est de repos :  « Je me sentais fatiguée. J’avais de la toux et des courbatures. Voyant que ça ne passait pas, j’ai pris rendez-vous avec mon médecin. » Le lendemain, celui-ci appelle le 15 pour qu’elle soit dépistée. Une infirmière la rappelle le 19 mars et lui laisse entendre qu’elle sera convoquée. Puis plus rien. Céline laisse passer quelques jours et le lundi 23 mars, elle rappelle le service Covid de l’hôpital qui lui annonce sèchement : « Vous ne répondez pas aux critères. Vous ne serez pas dépistée. » Deux jours après, l’une de ses collègues apprend que des tests sont arrivés dans un laboratoire privé de Reims. Céline obtient une ordonnance et prend rendez-vous pour un dépistage le 27 mars à 14h00. L’histoire ne s’arrête pas là : elle devra attendre jusqu’au 31 mars pour connaître les résultats, soit 14 jours après les premiers symptômes…

Un soulagement tardif !

Entretemps, Céline a cessé toute activité pour ne pas mettre ses patients en danger : « Je suis restée confinée en préservant autant que possible mon entourage : mon mari, lui aussi infirmier, et ma fille de 22 ans. Malgré les précautions prises, l’un comme l’autre ont eu des troubles digestifs et ma fille un peu de fièvre. Heureusement sans suites. » 

Le 31 mars, elle reçoit enfin les résultats du prélèvement naso-pharingé. Et ils sont bons : elle n’est pas -ou plus- porteuse du Coronavirus. Pour en avoir le cœur net, il lui faudrait maintenant passer un test sanguin avec recherche d’anticorps.

Infirmière à Reims, Céline Martin exerce en libéral depuis 2007 après douze années passées en milieu hospitalier, en chirurgie et en réanimation.

Ce n’est pas sa priorité : « J’ai scrupuleusement respecté les 14 jours de quarantaine et même plus. En accord avec le médecin, j’ai donc repris ce matin mon activité, dans une ambiance, cela dit, très pesante. ». En plus de l’inquiétude ambiante, Céline doit en effet, comme ses collègues, composer avec une baisse d’activité, qui bien que paradoxale en cette période de crise sanitaire, est au fond très logique : « Beaucoup de consultations sont annulées. Les gens ne se déplacent qu’en cas d’urgence et ma tournée se résume à des passages chez les patients atteints de pathologies chroniques. » Céline a compris qu’il lui faudra faire le gros dos. Et elle s’y prépare, consciente que c’est dans telles périodes que la mission du soignant prend tout son sens.