De 2025 à 2027, L'URPS IDEL Grand Est propose de réaliser un focus sur la santé des IDEL. Par trimestre, nous vous proposerons des informations et des actions à propos d'une thématque sur les déterminants de la santé des IDEL.
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Le Dr David Masson est praticien hospitalier au Centre Psychothérapique de Nancy (CPN)
En revanche, comment rester en bonne santé mentale quand on se retrouve brutalement sans emploi, qu'on a du mal à boucler les fins de mois ou qu'on vit dans l'insécurité permanente ? Plus généralement, comment faire abstraction du contexte économique, politique, médiatique ? Le climat géopolitique actuel nous montre combien, face à un flot d'informations en continu, il est difficile de ne pas se laisser gagner par l'anxiété, la consternation voire la sidération, sauf à couper le son et l'image et à oublier pour un temps les réseaux sociaux ! »
Retrouvez le support du webinaire organisé par l'URPS Infirmier Grand Est et animé par le Dr David Masson :
https://urpsinfirmiergrandest.com/publications.html
Dr David Masson : Classé au rang de Grande Cause Nationale 2025, le concept de santé mentale n'est pas si récent puisque la définition sur laquelle on s'appuie encore aujourd'hui, celle de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), date de 1946. ?Selon l'OMS, la santé désigne « un état de bien-être complet physique, mental et social ». Il y a bien trois dimensions que l'on ne peut dissocier : la dimension physique qui a trait au corps de manière générale, la dimension mentale et ses ressorts psychologiques, à commencer par la manière de se voir et de percevoir l'environnement dans lequel on évolue, et enfin la dimension sociale, qui fait référence à nos interactions avec autrui, les proches, la famille et de manière plus large, le monde du travail, la société. Tout est lié. On peut ainsi parler d'équilibre global et dynamique, sachant que chez un même individu, la santé mentale évolue en fonction des épreuves qu'il traverse.
Dr David Masson : La santé mentale a été pendant longtemps la grande absente des programmes politiques. Mais le COVID a tout changé. Pour la première fois, on a alors mis en place un suivi de l'état de santé mentale de la population française au travers d'indicateurs de la dépression, de l'anxiété, des troubles du sommeil, des addictions et des conduites suicidaires. ?Un vrai point d'étape. Depuis le COVID, la santé mentale est omniprésente. C'est une bonne chose même si le terme est souvent galvaudé au profit d'un concept fourre-tout qui coiffe la santé au travail, la gestion du stress, le burn out et parfois aussi, les troubles psychiques, ce qui entretient une certaine confusion.
Dr David Masson : L'état de bien-être mental ne se résume pas à l'absence de troubles psychiques. On peut être en mauvaise santé mentale sans souffrir de troubles particuliers et à l'inverse, être atteint de schizophrénie et pour autant parvenir à un certain équilibre. Je pense en particulier à une patiente que j'accompagne et qui entend des voix depuis 40 ans. Son parcours a été compliqué mais elle a appris à vivre bien avec.